Les petites communes attirent les pépites du web

Start up à la campagne

La désertification galopante de nos campagnes a dû être prise avec philosophie par les maires. Après une grosse décennie où même l’État lâchait les petites communes, le Service Public qui s’est désengagé doucement, mais sûrement avec en point d’orgue la reforme Macron sur les emplois aidés ou la carte sanitaire. Les petits maires doivent donc être imaginatifs pour éviter de faire de leurs villages des lieux ou seuls les anciens trouvent une place tant que les derniers commerces subsistent. Quand de nouvelles entreprises viennent investir dans une petite commune, c’est une victoire pour tous. Ce phénomène est en train de s’affirmer parce que les communes font des efforts conséquents et qu’une nouvelle génération plus nomade, moins conventionnelle, y trouve de nombreux avantages. 

Des efforts des communes

Les communes se mettent en quatre pour garder, redonner et encourager la vie de leurs villages. C’est parfois pour ne pas fermer une école, une boulangerie, un bureau de tabac.. Au bord du gouffre, les maires ont largement élargi leur champs d’action en devenant de véritables prometteurs de leur ville avec des possibilités limitées, mais suffisantes pour attirer les jeunes entrepreneurs. Les mesures se font avec une aide à l’installation, la mise à disposition de locaux commerciaux, une défiscalisation sur les cinq ans. On voit même des bâtiments sortir de terre pour attirer les médecins et les infirmières. On voit donc que l’État s’est défaussé sur le dos des communes et que cette libéralisation cachée met les maires dans l’obligation de braquer les budgets pour essayer de sauver des communes entières. Le président de la Start Up Nation serait sans doute étonné d’apprendre qu’un petit village a su créer une pépinière pour accueillir une jeune start up, pleine d’avenir sur un marché porteur. 

Un éditeur de logiciel de jeu de casino au milieu des champs

Dans un petit village des Coteaux, la nouvelle a surpris les 500 habitants qui ont résisté à la fermeture de l’école, qui a entraîné celle du boulanger-chocolatier pour échouer devant le bar en face de l’Église et à droite de la mairie. « La fête à Neuneu », c’est ici que nous rencontrons le fondateur de l’entreprise, Pierre C. Il commence par nous expliquer pourquoi il a choisi de revenir à la campagne : « C’est d’abord un choix de vie. La vie en ville est de plus en plus difficile. Sans parler du stress, les loyers deviennent ingérables et sont des freins pour les jeunes entrepreneurs. Notre activité nous permet de travailler partout du moment qu’on a de l’électricité et une connexion internet. ».

On parle souvent de jeunes boulangers, de jeunes restaurateurs ou autres artisans, mais rarement d’une start up débarquant de la capitale ! Pierre est en plus un vrai titi parisien qui nous dit avec amusement qu’il a renoncé à sa tunique qatari pour éviter de provoquer les locaux. Son entreprise est une spécialiste de l’édition de jeux vidéo. Son catalogue propose surtout des machines à sous en ligne et d’autres jeux de web casino qu’on retrouve sur des sites spécialisés comme Jouerenlignefr.com, qui fait la promotion de toutes les dernières nouveautés en matière de jeux d’argent en ligne, salles de cyber poker, jeux de casino ou autres paris sportifs.

Quand on lui demande, si ce n’est pas un problème au vu de sa clientèle internationale, il répond tout de go « On communique surtout par les outils du net… même si on était voisins ça ne changerait rien. Au besoin, on se déplace. » Le développement des lieux de rendez-vous nomade dans les villes est une chance pour la campagne. Les nouveaux entrepreneurs peuvent profiter de lieu dédié tout en se situant loin des périphériques et des coûts exorbitants des loyers. Quand on lui demande, s’il ne rencontre pas de problème pour le recrutement, il sourit. «C’est un peu la problématique. Dans le monde du développement, on a souvent un profil de citadin, mais les choses changent. Les jeunes développeurs sont loin de la caricature du geek vivant dans une cave. Ils ont les mêmes aspirations que les autres jeunes. La nature, l’écologie, la vie au grand air.. Cela devient aussi vendeur qu’un gros salaire à la Défense ». Pour le coup, on troquerait bien nos trottoirs gris et nos blocs de béton pour un peu de verdure et d’air frais.